Ah, Mindy,
Je t’ai vue te battre seule contre trois adversaires avec le manche d’une pelle cassée. Mais ce n’est pas ton côté belliqueux qui m’obsède.
Je veux enfouir mes doigts dans tes cheveux. Est-ce qu’ils ont déjà été touchés par un peigne ? Je rêve de faire courir mes ongles sur ta tête en l’effleurant à peine, de lécher la sueur dans le duvet soyeux de ta nuque. Si je le pouvais, je saisirais ton visage dans mes mains, assez vite pour te surprendre, et j’embrasserais ta bouche ouverte avec la douceur d’un chat lapant son lait.
Je veux tracer du doigt les tatouages sur tes épaules et ta poitrine en devinant leur signification. Celui-ci représente ton premier chagrin d’amour, j’imagine, et celui-là, la première fois où tu as poignardé quelqu’un, petite sauvage.
Je veux tout savoir sur toi, lire ton histoire sur ton corps. Tous les chapitres, même les plus secrets. Tu as des tatouages sous ta culotte aussi ? On raconte que l’un des gars qui a vendu la mèche n’a plus jamais eu l’occasion de les revoir ni d’en reparler.
Je veux te mordre et embrasser ta peau juste assez fort pour laisser une marque, un nouveau tatouage dessiné par mes lèvres et mes dents. Tu me poignarderas peut-être dans mon sommeil pour me punir, mais ça m’est égal, tant que tu te souviens de moi pendant quelques jours.